Un peu de Technique  

L'installation chez l'abonné - La ligne téléphonique
Le central téléphonique

 

L'installation chez l'abonné

Pile Leclanché

Pile Leclanché

L'installation est différente d'un poste à l'autre, voici les schémas les plus courants :

Installation d'un transmetteur Ader type n°1

Installation d'un transmetteur Ader type n°1

Installation d'un transmetteur Ader type n°4

Installation d'un transmetteur Ader type n°4

Installation d'un transmetteur Ader type n°8

Installation d'un transmetteur Ader type n°8

Il est facile de dater une installation téléphonique reliée au réseau car les appareils sont toujours marqués, au dos pour les postes muraux ou sur le pied pour les postes mobiles ainsi que sur les écouteurs ou combinés. Les marques sont constituées par des lettres et des chiffres inscrits dans des petits cartouches ovales. Par exemple "LT", "8" et "92".
"LT" veut dire "Ligne Téléphonique", 8 représente le mois de fabrication de l'année, ici le mois d'août, et "92" donne l'année de construction, ici 1892.

Pour les installations domestiques c'est plus difficile car les appareils ne sont pas marqués comme les postes de réseau. La fabrication des écouteurs et combinés étant continue il est toutefois possible de les repérer en relevant les numéros des postes de réseaux et en les comparant à ceux des postes domestiques.

- Ecouteur S.G.T. N°1

47116
47399
48268
avril 1893
juin 1893
janvier 1894

- Ecouteur S.G.T. N°2

K8299
septembre 189?

- Ecouteur S.G.T. N°3

61782
109921
113140
mai 1892
août 1893
novembre 1893

- Combiné Berthon-Ader

86832
juin 1892

La ligne téléphonique

chevalet

Chevalet

A la sortie du domicile de l'abonné le réseau téléphonique est aérien. Le premier système est à fil simple en cable d'acier de 2 mm de diamètre avec retour par la terre. Voici comment Ternant décrit le réseau en 1884 :"les fils passent en faisceaux au-dessus des toits ou sur des poteaux placés dans les rues. Ces fils sont placés sur des isolateurs en porcelaine ou en caoutchouc durci fixés sur des chevalets de bois ou sur des cornières de fer attachées à des montants également en fer".

chevalet

Chevalet

La Société Générale utilise très vite le système à double fils de cuivre pour éviter les bruits parasites. Les fils reliant sept abonnés sont réunis dans un seul cable sous gaine de plomb. Le cable descend de la maison le long de la façade ou des escaliers de service et rejoint les égouts.

Arrivée des câbles

Arrivée des câbles

Tous les cables se dirigent vers le bureau central des téléphones et y pénètrent par une entrée de poste : c'est une paroi percée d'un soupirail s'ouvrant sur l'égout et clos par une épaisse plaque de bronze percée d'autant de trous qu'il y a de cables à faire passer.

Le central téléphonique

Vue en coupe du central téléphonique

Vue en coupe du bureau central de l'Opéra

Juste derrière l'entrée de poste se trouve la rosace des lignes d'abonnés, au sous-sol du bureau central téléphonique (les schémas suivants représentent celui de l'avenue de l'Opéra à Paris).

Rosace des fils

Rosace des fils

Le faisceau de cables se dirige vers un immense cadre circulaire en bois établi verticalement. Les cables sont séparés et chaque paire de fils correspondant à un abonné est attachée sur la circonférence du cadre avec un serre-fil de laiton auquel est accroché un jeton d'ivoire portant le nom de l'abonné et son numéro d'ordre. Tous ces fils s'épanouissent sur le cadre et forment une gigantesque rosace.

Détail de la rosace

Détail de la rosace

Au sous-sol se trouvent aussi la chambre des piles et le laboratoire.

Sous-sol du bureau central

Sous-sol du bureau central

Les fils de liaison qui partent de la rosace passent à travers le plancher, du sous-sol au rez de chaussée, et vont se distribuer derrière une cloison de bois abritant les "commutateurs".

Rez-de-chaussé du bureau central

Rez-de-chaussé du bureau central

C'est dans la salle des commutateurs que les téléphonistes vont relier deux à deux les abonnés. Lorsqu'un abonné veut téléphoner, "il appuie à plusieurs reprises sur le bouton d'appel de son transmetteur. Le courant circule sur la ligne et vient faire tomber au bureau central un petit volet qui découvre son numéro d'odre. Au même moment une sonnerie retentit au bureau central. L'abonné a alors décroché son récepteur et se trouve en communication avec le téléphoniste du bureau. L'abonné fait savoir avec quelle personne il veut communiquer. La téléphoniste sonne cette personne pour la prévenir qu'on la demande. Si elle accepte la communication, l'employé réunit les fils des deux abonnés par un cordon flexible de jonction : la communication est établie" (Henri de Parvile, 1883).

Commutateur d'abonnés

Téléphoniste

La salle des commutateurs est décrite par le Journal de Rouen en 1881 : "qu'on se figure une salle étroite, dont les parois sont couvertes de tableaux, chacun au service d'une trentaine d'abonnés, et chacun désigné par une couleur. Le nom de chaque abonné est inscrit sur une petite fiche blanche. Au-dessous se trouve une petite languette de cuivre, dite annonciateur, retenue par un crochet mobile, et qui tombe dès que la sonnerie de l'abonné fait passer un courant électrique qui agit sur un déclenchement. Au dessous du nom est une petite lame de cuivre percée de deux trous : deux jacks en terme de métier. Au premier appel, la téléphoniste, qui s'est munie d'une paire de fiche en cuivre reliée par un long cordon métallique, pose une de ces fiches dans l'un de ces deux trous ; ensuite elle place l'autre fiche dans l'un des jacks ou trous situés sous le nom de l'abonné, avec qui le premier demande à converser".

Téléphoniste

Commutateur d'abonnés

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